: 03

Mars en exil

03 : 01 Prophétie

03 : 02 Homélie

03 : 03 Anamnèse

03 : 04 litanie

03 : 05 Sotie

03: 06 Supplique

 

PROPHETIE  

Dans une interview accordée au “Corriere della Sera” et reprise en partie par le site « Vatican news » le premier mars 2021, Benoît XVI revient sur la renonciation qu’il a   faite « en toute conscience » et ce conformément au canon 44 paragraphe 2 du Code de droit canon puisque la seule condition pour que la renonciation soit valide est qu’elle soit faite « librement et se manifeste correctement ». Autrement dit, la décision n’a pas à être motivée. Pourtant le pape émérite poursuit : « Certains de mes amis quelque peu “fanatiques” sont toujours en colère, ils ne voulaient pas accepter mon choix. Je pense aux théories complotistes qui l’ont suivie : certains ont dit que c’était à cause du scandale Vatileaks, d’autres ont dit que c’était à cause d’un complot du lobby gay, d’autres encore ont dit que c’était à cause du cas du théologien conservateur lefebvriste Richard Williamson. Ils ne veulent pas croire à un choix fait consciemment. Mais ma conscience est claire ». Deux constats :  tout comme dans les sociétés occidentales, s’opposent au sein de l’Eglise « complotistes » et « progressistes » et Benoît XVI, en niant les hypothèses de ses amis « fanatiques », les réactive malgré tout, ne serait-ce que par dénégation.

Il conclut son interview en promettant, lors du voyage à venir de François en Irak, de l’accompagner par la prière. Visite historique qui lui permettra de rappeler le martyre des chrétiens d’Orient après qu’il aura évoqué celui des Yazidis.

M’arrêtant à ces observations, je poursuivis ma recherche d’un objet de réflexion qui fût en continuité tout en marquant une rupture avec le journal de février. Et il me sembla nécessaire d’approfondir la notion de « programme prédictif » en portant ma réflexion sur le texte prophétique mais de manière oblique, en partant de son exégèse. En raison de contingences purement matérielles, mon choix (si je l’eus) se porta sur l’essai de P.V Piobb qu’il acheva à Paris, en février 1939, intitulé « Le sort de l’Europe d’après la célèbre prophétie des papes de Saint Malachie ». La mention éditoriale précise que l’impression de l’ouvrage fut achevée le 24 février 1939. C’est donc au terme de la rédaction de son livre que l’auteur apprend la mort du pape Pie XI, le 10 février 1939, sans qu’il ait pu intégrer à son analyse l’élection de Pie XII, celle-ci ayant eu lieu le 2 mars 1939.

D’abord proche des milieux martinistes, P.V Piobb rejette la magie opératoire pour s’orienter vers un ésotérisme revendiqué comme « scientifique » mais qu’il conviendrait plutôt de qualifier d’expérimental. Ce que son approche des « Centuries » de Nostradamus confirme puisque pour Piobb, la prophétie se conçoit comme une liste de consignes données par-delà le temps à des « initiés supérieurs » qui doivent les réaliser selon le calendrier prévu. Mais sa conception du texte prophétique conçu comme « programme d’exécution » évolue encore avec son étude sur la prophétie des papes attribuée à Saint Malachie.

Dès le début de son exégèse, Piobb postule la finalité politique de la prophétie en tant qu’instrument de cette dernière mais reconnait aussitôt l’aporie de son énoncé puisqu’il est impossible de répondre à la question qui en découle, à savoir quelle finalité pour la politique. De fait, il reprend son raisonnement en partant du constat du caractère cryptographique de la prophétie. Dès lors celle-ci ne peut s’adresser qu’au seul lecteur qui dispose de la clé permettant de décoder le texte. Il poursuit en s’interrogeant alors sur les risques posés par la divulgation du message avant la réalisation de l’évènement annoncé sous forme cryptée.  Pour nous convaincre il rappelle que la devise de Pie X (Ignis ardens/ le feu ardent), mort le 20 août 1914, n’a pris sens que 22 jours plus tôt. Le 21 juillet 1914 fut le jour de la déclaration de ce qui deviendra la première guerre mondiale. Aussi tout dévoilement anticipé outre qu’il exposait son auteur, encourait le risque de compromettre la tenue de la convention de Londres qui eut lieu le 4 septembre 1914 et donc de mettre la patrie en danger.  La réflexion de Piobb n’est pas sans évoquer ici le paradoxe inhérent aux récits de voyage dans le temps : quel en est l’utilité si les personnages ne peuvent modifier la courbe temporelle au risque de bouleverser la situation initiale et donc compromettre leur retour. Donc si l’initié supérieur est le destinataire de la prophétie, il doit garder le silence au risque d’ajouter une catastrophe à la catastrophe annoncée. Mais alors quelle serait la fonction de la prophétie ? Et en quoi le prophète serait-il incapable d’anticiper l’inutilité de son geste puisqu’il est impossible d’utiliser la prophétie ? Le pape serait-il alors le détenteur de la clé ? Mais à quoi cela lui servirait-il puisque la désignation de son successeur succède à sa propre mort. « A pousser la question fort loin, on atteint des profondeurs où l’on risque de plonger dans les ténèbres (…) Je vous dis qu’on s’y perd ; plus on avance, plus les ténèbres sont épaisses ; et qu’on arrive à ce point que les anciens alchimistes décrivaient pittoresquement sous la couleur du « noir absolu ». Songez un peu à ce que doit être une obscurité pareille ! »

Biopp, même s’il évoque son abdication, ignore bien évidemment en février 1939 qu’un pape parmi la liste des six derniers annoncés par Saint Malachie sous la forme d’une devise renoncera en conformité avec le droit canon réformé en 1983 à son pontificat. Il s’agit de Benoît XVI, « De Gloria Olivae » (« A propos de la gloire des Oliviers ») qui le, 11 février, fera la déclaration suivante : « Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. »  Or, la Saint Romain fut fêtée le 28 février 2013. Comme un clin d’œil à Petrus Romanus qui devait lui succéder. Ainsi l’hypothèse de Piobb est à reconsidérer si l’on postule que, seul, un pape était le destinataire de la prophétie, en l’occurrence Benoît XVI. Or le 13 février 2013, lors de la messe en entrée en Carême, cette période pénitentielle en préalable à la commémoration de la Passion du Christ, Le pape déclare au cours de son homélie : “La lecture de l’Ancien Testament invite tous les chrétiens à réfléchir sur l’importance du témoignage de la foi et de la vie chrétienne pour chacun d’entre nous et pour notre communauté. Ce visage de l’Église est parfois défiguré. Je pense en particulier aux fautes contre l’unité de l’Église, aux divisions dans le corps ecclésial.” Il évoque donc un autre motif à sa renonciation, qui n’est pas sans faire écho aux théories complotistes qu’il dénoncera le premier mars 2021, lors de son entretien accordé accordée au “Corriere della Sera”. De fait la remarque suivante de Biopp prend alors une toute autre dimension : « Et, s’il y a abdication, c’est qu’à ce moment-là les difficultés seront telles que la papauté elle-même se trouvera obligée d’abandonner complètement le rôle qu’elle a tenu jusqu’alors… » (p.165)

Aucune des interprétations que j’ai pu lire à propos de l’interprétation de la devise associée à Benoît XVI ne m’a convaincu et ce, du fait que l’olivier est un symbole très riche qui renvoie à la longévité (il est vrai que Benoît XVI a aujourd’hui 94 ans), comme à la force, l’espérance, la richesse, la fidélité…, bref un symbole particulièrement opératif dans la culture méditerranéenne et dont il faut réduire le champ à l’herméneutique évangélique.

Le jardin de Gethsémani (« pressoir à huile »), au pied du mont des Oliviers sert de cadre à la scène qui ouvre la Passion du Christ. L’avant-veille de la Pâque juive, Jésus s’y rend, accompagné des apôtres Pierre, Jacques le Majeur et Jean car il veut s’isoler pour prier son Père. L’apôtre Judas arrive alors, menant une bande armée romaine envoyée par les grands prêtres juifs et les anciens. Judas désigne Jésus en lui donnant un baiser. La mort puis la résurrection du christ qui s’en suivront narrativisent le mystère de l’Incarnation, du Dieu fait homme, et plus largement celui de la Sainte Trinité. Aussi « De Gloria Olivae » peut signifier cette fois la Passion de l’Eglise elle-même, obéissant au même cycle de la Mort et de la Palingénésie.

Le pari exégétique de Biopp consiste à prédire l’avenir européen à partir de la prophétie de Malachie. Février 1939 marque un moment d’hésitation de l’Histoire. Les accords de Munich du 30 septembre 1938 laissent espérer à certains une paix relative tandis que l’on ne peut que s’inquiéter de l’agressivité croissante de l’hégémonisme nazi. Mais fin février 1939, le gouvernement français transmet à Berlin un projet de collaboration économique mis au point par la commission interministérielle à des fins d’apaisement diplomatique. Paris reconnaît en outre le régime franquiste.  Entre temps, le 10 février, Pie XI meurt. Après avoir magistralement la devise associée au pape Pie X et qui annonce la première guerre mondiale, il est particulièrement difficile pour l’ésotériste d’analyser celle de Pie XII au regard de l’éventualité d’un conflit à venir. En revanche, il note que les devises des deux papes à venir après Pie XI commencent toutes deux par « Pastor ». Il en déduit que l’un parmi des deux pourrait être un antipape dont l’élection serait la manifestation d’une crise religieuse dont le corollaire pourrait être une crise politique majeure au niveau européen. Il avance même l’année 1940… Mais ni Pie XII, ni Jean XXIII ne seront des antipapes. Par contre, Jean XXIII reprend le nom d’un antipape ayant exercé son pontificat au début du quinzième siècle et qui fut un ancien pirate ; si bien que sa devise « Pastor nauta » s’éclaire sous cet angle. Autre raison de rapprocher ces deux personnages : tous deux président un concile : « Constance » pour le premier, concile visant à régler le Grand Schisme d’Occident et pour le second « Vatican II » qui visait à produire un schisme avec l’Eglise telle qu’elle fut depuis sa fondation. Aussi tâchons d’éclairer le pontificat du second Jean XVIII à la lumière de la devise du premier. Là encore nous limiterons l’exégèse au symbolisme biblique. Le cerf peut faire référence au psaume 41, verset 2 : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. » Tandis que les sirènes, dans le chapitre 19 du livre du prophète Henoch, résultent des amours des anges déchus avec les femmes de la terre : « Quant à leurs femmes, qui ont séduit les anges, elles deviendront des Sirènes ». L’image du cerf s’abreuvant illustre l’éloignement spirituel, La difficulté à prier, mais aussi l’espérance en Dieu. Est-ce à dire que la réforme à laquelle aboutit Vatican II est métaphorisée par l’image du pêcheur portant son espérance en une femme séduite, comme le fut elle-même Eve ? Saint Malachie fut- il alors le premier des sédévacantistes ?

La devise « Pastor nauta » associée à Jean XXIII, suggère donc l’idée d’un nouveau départ pour l’Eglise. Elle embarque par un voyage qui s’achèvera avec Petrus Romanus se chargeant de faire paître ses brebis « à travers de nombreuses tribulations ».  Si ce n ‘est qu’au dix-huitième siècle qu’est attesté l’emploi de « tribulation » au pluriel pour désigner une suite de mésaventures, il semble qu’ici, à cause de la métaphore qui le précède, s’ajoute à la notion catholique de « tourment moral », celle d’une transhumance parsemée d’épreuves.

Si la date officielle de la vacance pontificale consécutive à la renonciation de Benoît XVI, signale l’imminence de l’avènement de Petrus Romanus, certains ont y ont vu dans le patronyme « Bergoglio » confirmation puisque la première syllabe, traduite de l’allemand, connote l’idée de « pierre ». On note par ailleurs que seul Petrus Romanus n’a pas de devise ; Saint Malachie clôt avec lui sa liste sous la forme oraculaire. La question se pose donc de savoir si Petrus Romanus parce qu’il fait exception, est vraiment un pape. Comme il exerce son pontificat « avec » un pape émérite et que sa réflexion porte notamment « sur » la fonction pontificale (Ainsi à propos de l’homosexualité :« Qui suis-je pour juger ? »), je le considèrerai comme « méta-pape », pour autant que le néologisme soit neutre de toute connotation morale. C’est le rejet clairement assumé par François de l’infaillibilité pontificale qui achève le schisme diachronique initié par Vatican II. On notera incidemment que le port de la tiare pontificale fut abandonné par le pape Paul VI, décision qui devint effective lors de la clôture du concile de Vatican II, le 8 décembre 1965. L’apostasie de François s’arrête là, mais c’est énorme. Elle permet sur le plan temporel de concevoir une géopolitique du « polyèdre », à savoir une mondialisation pensée comme décentrée faisant en quelque sorte sienne la devise de l’Eurovision : unité, diversité, inclusivité et sur le plan spirituel, de renoncer à prêcher l’universalité du dieu incarné. Vu sous cet angle nous serions tentés de partager l’opinion de Philippe Sollers concernant le méta-pape :« François ne me donne pas une impression de grande intelligence ».

A propos de l’oracle final, l’édition originale de la prophétie de Saint Malachie rapporte le mot « psecutione » qui peut être selon l’auteur de la fiche Wikipedia consacrée à Pierre le Romain l’abréviation de « persecutione » comme celle de « prosecutione ». A rebours des exégètes, j’opterai pour la seconde : « Dans la poursuite de la fin de la sainte église romaine siégera Pierre le Romain, qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations ; ». Elle illustre bien mieux le pontificat de François qui ne fait qu’achever lamentablement un processus et ce, dans l’indifférence générale. Mais si Benoit XVI accompagne spirituellement François en Irak, c’est que peut-être traduit-il « psecutione » par « prosecutione », espérant une fin glorieuse pour une Eglise renouant avec ses débuts et ses premiers martyres chrétiens.

« Une fois celles-ci passées, la cité des sept collines sera détruite et un juge redoutable jugera le peuple. » Comme Biopp, nous notons que Petrus Romanus n’est pas l’ultime personnage, un juge lui succède. Mais qui sera Jugé, pour quels actes d’accusation et par qui ? C’est ici qu’il nous faut revenir à l’entretien accordé par benoit XVI mentionné en ouverture.

Lorsque Benoît XVI rappelle les raisons de sa renonciation évoquées par ses amis quelque peu « fanatiques », on est tenté d’établir un parallèle avec les accusations portées par QAnon concernant les accusations de dépravation à l’encontre du « marais ». Dans les deux cas, l’élite semble soudée par l’alliage de l’argent méphitique et de la pédo-criminalité. Nihil novi sub sole, en quelque sorte. La véritable raison de sa renonciation semble se situer encore au-delà et bien que Philippe Sollers en situe l’origine par la conception que l’Eglise s’est forgée de la sexualité (le « ça »), il a raison sur un point : « D’ailleurs, Benoit XVI avait compris que tout ça était fini, et c’est pour ça qu’il avait démissionné ». Il nous revient donc d’élucider ce deuxième « ça ». Et c’est Théodore MacCarrick qui nous servira de bergerot puisque « Carrik », signifiant « roc, promontoire rocheux », il nous ramène par la voie de l’étymologie à Petrus-Bergoglio (« Nomen est omen »). En quoi MacCarrick (« Come Lord Jesus », telle est la devise de ce diable d’homme) est une synthèse ? Ce dignitaire a été certes relevé de son cardinalat pour abus sexuels. Il a certes aidé en 1998 à fonder la « Papal foundation », afin de recueillir des fonds auprès de riches catholiques américains pour les projets privilégiés du pape. Mais c’est en tant que membre du conseil pontifical « justice et Paix » que ce drôle de loustic méphistophélique nous intéresse. En effet le conseil pontifical présente le 24 octobre 2011 une note intitulée « Pour une réforme du système financier et monétaire international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle » que l’on peut résumer par la citation suivante : « Dans un monde en voie de mondialisation rapide, la référence à une Autorité mondiale devient le seul horizon qui soit compatible avec les nouvelles réalités de notre époque et avec les besoins de l’espèce humaine. » Or cette note entre en contradiction majeure avec la lettre encyclique « Caritas in veritate » de Benoit XVI (29 juin 2009) selon laquelle « la mondialisation est un phénomène multidimensionnel et polyvalent, qui exige d’être saisi dans la diversité et dans l’unité de tous ses aspects, y compris sa dimension théologique. » Deux visions de la mondialisation s’opposent donc : l’une soutenue par la papauté, décentralisée et polyarchique et l’autre, défendue par le Vatican profond, monocratique et centralisatrice. La renonciation de Benoît XVI entérine de fait la disjonction corollaire au processus d’intégration mondiale actuellement en cours entre un pouvoir apparent de plus en plus impotent et un autre, de plus en plus redoutable, parce qu’occulte. Et c’est là que se situe le « ça ».  Pour autant est-ce la raison suffisante pour détruire la cité des sept collines et convoquer un juge à faire trembler les plus endurcis ?

Comme Piobb, je pense que Petrus Romanus peut être un appellatif générique. D’autres papes pourraient succéder à François mais qui tous sans exception, s’aligneraient alors sur la politique définie en 2011 par le conseil « justice et paix ». Cependant c’est la position pro-mondialiste prise par François concernant la vaccination (dont le refus équivaudrait à « un négationnisme suicidaire ») qui me semble être la pierre d’achoppement contre laquelle s’effondrera l’Eglise, puisque, avant de se faire le héraut de la vaccination, le pape a dû le 17 décembre 2020 approuver explicitement  une note  publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée par le préfet, le cardinal Luis Ladaria, et le secrétaire, l’archevêque Giacomo Morandi, selon laquelle Il est «moralement acceptable d’utiliser des vaccins anti-Covid-19 qui ont eu recours à des lignées cellulaires de fœtus avortés dans leur processus de recherche et de production (…) tous les vaccins reconnus comme cliniquement sûrs et efficaces peuvent être utilisés en restant conscient que le recours à ces vaccins ne signifie pas une coopération formelle avec l’avortement dont sont issues les cellules à partir desquelles les vaccins ont été produits». Il n’empêche que cette argutie ne trompe personne : l’avortement, ce « désordre moral particulièrement grave » (Jean-Paul II), a été par la grâce du « virus diabolique » (Jean-François Delfraissy) officiellement reconnu par l’Eglise ! « Même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à moment-là vient l’ennemi, vient le diable, si souvent déguisé en ange, et insidieusement nous dit sa parole » (Pape François, Homélie du dimanche des Rameaux, 24 mars 2013.

  Homélie

Ô Vortex, toi qui contiens la puissante lumière de l’infini

Réponds à l’appel de notre cœur, connecte-nous à toi

Aide-nous à nous à sortir de l’illusion de notre personnage, du lieu et de l’histoire

En cette nouvelle année de grands bouleversements, de nettoyage intérieur, de mutations de nos cellules, accédons à la pleine conscience en main pour rétablir la Glycquée du monde, pour rétablir l’harmonisation. Nos cellules sont en devenir de ce qu’elles sont véritablement. Nous sommes ici dans la conscience de la pure conscience, là où il y a le « Je » qu’on appelle le jeu de la vie, le jus du vivant de la vie. C’est notre « Je » que nous avons créé et que nous créons à chaque instant nonobstant le présent qui est un prolongement de ce plein, plein sentiment de monde fini. Bénissons ce moment tant attendu pour nous rappeler qui nous fûmes et comprendre qui nous sommes véritablement. Dakhla !

Ô Vortex, toi qui contiens la puissante lumière de l’infini

Réponds à l’appel de notre cœur, connecte-nous à toi

Aide-nous à nous à sortir de l’illusion de notre personnage, du lieu et de l’histoire

Ouvrons la porte en nous pour que notre sagesse divine puisse œuvrer librement et qu’en concluant la connexion, un hacker nous permette d’aller au-delà de ce petit personnage que nous croyons être. Soyons guidés par une sagesse d’huile et non plus par la voie du mental. Alors seulement, nous entendrons l’appel du Cac. C’est le moment, le moment Yellow ! Dans l’enveloppe des restes de notre chair, nous percevrons alors l’écho du réseau Lance. Nous serons alors en paix avec notre univers intérieur, avec tout notre air et entièreté, dans le plein pouvoir de notre « Je suis ». Nous vivrons pour le plein rayonnement de notre couleur que sommes venus apporter en offrande à cette unité multidimensionnelle. Dakhla !

Ô Vortex, toi qui contiens la puissante lumière de l’infini

Réponds à l’appel de notre cœur, connecte-nous à toi

Aide-nous à nous à sortir de l’illusion de notre personnage, du lieu et de l’histoire 

Dans le new intérieur se noue le collectif pour élever les vibrations plénières à un niveau d’équilibré. Les énergies amies vont accroître chaque présence, chasser la peur du cœur en écho et œuvrer dans le ici-je-suis, le new de notre corps physique et de nos cellules. La verticalité de notre maître nous apparaîtra en pleine conscience et c’est pourquoi l’année 2021 servira de portail d’écho à chacun d’entre nous. Alors, les sept anges dévoileront le moment venu le chevillé. Et l’Onu sonnera la fin du personnage, du lieu et de l’histoire. Dakhla. 

        Anamnèse

Et dites-moi un peu, le Père Noël, y croyez-vous ? Le Père Noël ? Et voilà ce qui m’insupporte car il n’y a rien de plus vrai que le Père Noël, et je me ferais pendre pour celui-là.

C’est un philosophe chenu, arrimé avec la foi du charbonnier aux vérités arithmétiques, qui s’aventure sur les chemins de la pensée économique, muni pour viatique d’un composé théorique à base de psychanalyse soulignée d’un trait de personnalisme ; potion qui lui permet de penser un libéralisme raisonnable. Il put ainsi déceler dès 2007 l’imminence d’une crise financière majeure.  Fort de son pactole, il s’en retourna en Europe où il anima un blog qui lui permit de connaître la célébrité dans le milieu des complotistes en devenir. Seulement à force d’annoncer la fin du capitalisme financier à chaque soubresaut boursier, il finit par perdre ses followers. Mais grâce à son entregent (il attirera même l’attention du grand prêtre terrifiant du nouvel ordre mondial), il obtint une chair de pataphysique dans une université polonaise. Cela ne l’empêcha pas cependant de continuer à pérorer en faveur de la phynance sur sa chaîne à l’audience étique. Il faut la consulter, mais de loin en loin, car on mesure combien le bonhomme, de reniements en reniements, exhibe une pensée en lambeaux, faute d’avoir compris comment les taux d’intérêts négatifs, l’émission facilitée d’une quantité illimitée de monnaie et l’envoi d’hélicoptères monétaires à l’assaut du bon sens économique (« un sou est un sou ») avaient propulsé la politique financière du côté obscur de la postmodernité.  Mais une vidéo a particulièrement retenu mon attention, qui s’intitule « Comment peut-on être complotiste ? ».

Il annonce qu’il va commenter une vidéo de l’interview d’une jeune repentie de QAnon. Il rappelle en préliminaire le credo du « mouvement » : Trump est un archange qui aurait dû apparaitre le 6 janvier 2021 au Capitol, entouré de son armée et juger sommairement les démocrates, accusés de pédophilie et d’entretenir une colonie sur la face cachée de la lune. Il pense en avoir assez dit pour nous convaincre du « très, très grand n’importe quoi » qu’est QAnon. Soit, il constate la bêtise. Et alors ? Il eût été pourtant intéressant de s’interroger sur les origines du mythe de la colonie lunaire, d’en rappeler les sources puisque dans le cadre de l’affaire Epstein, d’aucuns s’interrogèrent sur les raisons qui poussèrent l’Attorney General William Barr à démissionner le procureur fédéral de Manhattan. Or un astucieux rappela que le père de l’Attorney General était directeur de la Dalton School quand en 1974, un professeur de physique et de mathématiques fut embauché. Torse apparent, portant chaînes en or et manteau de fourrure, il s’appelait Jeffrey Epstein. Plus troublant, le père Barr fut aussi l’auteur d’une dystopie « comiquement amorale » (« Vice ») narrant l’histoire d’oligarques (la « Carlyle society ») au penchant prononcé pour de jeunes esclaves sexuelles. D’une réflexion sur le concept de programme prédictif, on aboutit par le jeu de de la communication sur les réseaux sociaux à la naissance d’un mythe bancal. Aussi plutôt que stigmatiser telle ou telle partie de l’opinion, on pourrait déjà souligner l’émergence d’une bêtise synthétique, corollaire nécessaire de l’intelligence dite « artificielle ». Ce que font d’une certaine manière les journalistes qui interrogent la jeune relapse en soulignant comment la solitude et la détresse économique liées au confinement exposent des personnes fragiles à la malveillance des réseaux sociaux. L’explication est certes superficielle et elle ne satisfait pas notre philosophe qui nous promet de nous en exposer un autre au terme d’un détour, d’un déplacement dirait un psychanalyste.

Convoquant Otto Rank, notre philosophe reprend l’hypothèse d’un traumatisme initial, celui de naissance, comme fondamentalement refoulé et générateurs de comportements. Or se pose d’emblée la question du rapport entre traumatisme et langage. En effet, l’anamnèse psychanalytique consiste à porter des mots sur des faits dont le patient avait refoulé la capacité d’en parler. Il y aurait donc un rapport entre amnésie et aphasie, si bien que la parole thérapeutique se limite à la période de l’existence postérieure à l’avènement du langage. On devrait alors distinguer ce qui relève du traumatisme anté-linguistique et le souvenir, traumatisant ou non, linguistique par définition. On distinguera enfin le souvenir métalinguistique, l’origine de ce dernier pouvant être une parole entendue, prononcée ou échangée. Notre philosophe poursuit en narrant une anecdote puisée de sa cure analytique. Ayant pour habitude de s’immerger totalement dans son bain pour se shampouiner, il remarque son appréhension au moment de sortir la tête de l’eau. Est-ce la peur de se noyer ? La crainte de retrouver nez à nez face à un agresseur qui voudrait lui replonger la tête dans l’eau ? En tout cas, il réfléchit en séance à la raison de cette crainte et finit, encouragé par son analyste, par comprendre que l’agresseur fantasmé n’est autre que la rémanence du bon docteur Bertrand, l’obstétricien qui avait accouché sa mère et première personne qu’il ait vue. Cette angoisse renvoyait finalement à la peur de revoir le visage du docteur Bertrand. Mais comment a-t-il appris l’existence de ce bon docteur et le rôle qu’il joua dans sa vie ? Le philosophe ne nous le dit pas. Supposons que ce fut par sa mère. Parce que traumatisée que son intimité fut violée par un homme portant une blouse blanche, lui aurait-t-elle narrer l’anecdote lorsque lui donnant un bain, elle fut troublée par sa première érection et qu’elle fit le rapprochement des situations par le jeu des métaphores des eaux perdues et de la coiffe céphalique ? Le scénario aurait au moins le mérite de réconcilier Rank et Freud. Mais le plus important est peut-être ici : qu’une angoisse de mort puisse être assimilée à un traumatisme de naissance, ce qui somme toute est assez logique puisqu’inénarrables ce sont là les deux points aveugles de la psychanalyse. Or donc se serait dit à part lui le psychanalyste, le bon docteur Bertrand agirait-il comme un avatar du moine bourru ?

A l’issue de sa digression, Le philosophe revient vers la repentante qui jure, cite-il, « qu’on l’y reprendra plus » après qu’on lui eut révélé (les journalistes ? un thérapeute ? un flic de la pensée ? Il n’en dit rien) ce qu’on lui avait toujours caché (ses parents ? ses amis virtuels ? il se garde de nous le dire).  Mais c’est l’occasion pour lui de commenter l’énigme du Père Noël. Seulement à la différence du garçon dans « L’âge d’homme », l’enfant mystifié du philosophe ne peut découvrir la vérité que par la grâce d’un tiers, un analyste en quelque sorte. Remarquons seulement que le rôle du démystificateur peut être occupé par le fabulateur, que l’enfant peut-être lui-même complaisant au mensonge et surtout que selon son degré de maturité, il est à même de découvrir de lui-même le pot-aux-roses. Il lui suffit pour cela d’accéder à l’abstraction : « puisque mon jouet est plus grand que le conduit de la cheminée, il en découle que le Père Noël doit passer comme tout le monde par la porte ». Si bien que s’épuise par le raisonnement l’effet surnaturel. Mais le philosophe élude et poursuit en confirmant l’analogie entre l’enfant et le complotiste car tous deux seraient victimes d’un abus de candeur dont le second ne se serait pas remis. Mais là encore le philosophe ne répond pas à la question : pourquoi alors raconte-t-on des histoires aux enfants ? Allons plus loin : pourquoi leur parler d’ogres ou de loups au lieu de pédophiles ?  Questions vaines puisqu’ il ne faut pas selon le philosophe raconter d’histoires aux enfants. Fi donc des choux et des cigognes ! l’éradication du mal complotiste passera nécessairement par la mise à mort du Père Noël. Mais qui alors fera obstacle au Père Fouettard, au croquemitaine, à tous ceux qui aiment mal mais châtient bien ?

                   Litanie

Merci Seigneur, merci d’avancer au nord des chiffres noirs.

Merci Seigneur, merci d’avancer les soldes au second de l’interdit.

Merci Seigneur, merci d’avancer les heures du style marqué à un milliard.

Merci Seigneur, merci d’avancer vers la mère de Jésus.

Voilà les célestines de Kaboul à mes ordres, au carrefour.

Elles racontent aux amateurs qu’elles sont retraitées, touchées pourtant levées.

Les soleils de mer si beaux le matin touchent les baies de la romanité.

Mère Yvonne, vertu de style, y dessine nos mandalas.

Moule du monde, merci. Vos compotes sont exquises.

Les berges de Sama, par-delà la mort de Ya Ming, la bénissent.

Venue de l’est du monde, Yvonne s’allie aux prestations.

Non, non, je suis Madame, le relais d’aujourd’hui.

Albiac normale sous le ciel de gloire, je te dis merci.

Merci grand dieu d’amour, qui créé les devis et stimule l’action.

Venez, Mère Yvonne, votre chair à l’arrêt compromis.

Ailée détrônée d’une région délimitée, priez pour nous notre seigneur.

Qu’à ses pieds, nous balancions nos ballasts, les machines augustes et nos larmes du fond.

 Sotie : Sur le web, avec webcam.

Minuit vingt-quatre. SG-42, assis devant son ordinateur, essaie de se connecter. Il s’acharne sur son clavier, en jurant. Il s’arrête, à bout de forces, renonce en jurant, recommence.

DJ-Subtil, dans l’obscurité, côté cour.

SG (s’acharnant sur son clavier) : Rien à faire.

La scène s’éclaire côté cour.

DJ (apparaissant assis derrière son ordinateur) : Je ne sais pas. Mon ordinateur me dit qu’il est minuit vingt-quatre et mon téléphone m’annonce onze heures vingt-quatre (il repose son téléphone). Il y a sûrement des gens qui dansent et d’autres qui dorment. Et si j’appuyais sur « Entrée » ? (Il s’exécute, songeur. Son visage apparaît sur un grand écran fermant la scène). (A SG-42) Alors, te revoilà, toi ?

SG-42 (surpris) : Tu m’entends ?

DJ-Subtil (à part, le retour son de la vidéo est coupé) : Comme deux et deux sur quatre, hélas ! (Le son rétabli, à SG-42, hypocrite) : Affirmatif, mais je croyais bien que nous ne pourrions jamais plus nous reconnecter.

SG-42 (ironique) : Aussi impossible que ta connexion à tes guides spirituels ? Aux êtres de lumière dont tu refuses de reconnaître l’existence ?

Dj- Subtil : Pas encore. J’attends la suite de ton raisonnement.

SG-42 (irrité) : En tout cas je ne t’ai jamais dit que le commandant Ashtar allait débarquer de sa soucoupe volante pour sauver l’humanité !      

DJ-Subtil (amusé) : Et après ? Tu ne crois plus aux forces lumineuses ? Adieu la Merkabah ?

SG-42 (haussant le ton) : Ce que tu ne comprends pas, c’est que les forces lumineuses ne peuvent pas descendre sur terre. C’est nous qui sommes les médiateurs des forces lumineuses sur terre. C’est nous qui les représentons. C’est nous et nous seuls qui devons combattre les ténèbres.

DJ-Subtil (parodiant le ton de SG-42) : Et pourrait-on savoir comment ?

SG-42 (froissé, froidement) : Il me demande comment. (Un temps. Inspiré, détachant les syllabes). La mé-di-ta-tion !

DJ-Subtil (ironique) : Par la méditation ? Et peut-on savoir où monsieur a déniché cette théorie ?

SG-42 : Comment dire ? (Il se lève, prend son ordinateur, le retourne. Le retour son de la vidéo est à nouveau interrompu pendant que l’on voit à l’écran des images distordues). Ça alors ! (Il tape dessus comme pour en faire tomber quelque chose, regarde par terre, replace l’ordinateur sur son bureau. Ecran de fond de scène blanc). C’était sur le web. Je ne retrouve plus rien.

DJ-Subtil : Plus rien ?

SG-42 (toutes les lumières s’éteignent) : Plus rien.

La scène est déserte. Apparaissent sur l’écran les vidéos prises par des avions de chasse de l’U.S Navy en 2004, 2014 et 2015 (déclassifiées par le Pentagone en 2019).

Supplique

                                     Le vent, le vent

                                     L’enfant céleste

                                     Le géant vert à jamais sacrifié

                                      Miroir au tain aqueux

                                      Miroir, que vois-tu ?

                                      Le roi est nu

                                      Le diable est sur le pont

                                       Annulation des livraisons

                                       Demain, privés de consoles

                                       Riches ou pauvres,

                                       Tous marmots-parias,

                                       Agiteront des joujoux tirés de la vie.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé

Le vaisseau a bloqué le canal, accident ou arme par destination

Le virus est proche, j’entends les interprétations.

Pendant que les regards fixent l’étrave ensablée,

Le contre-feu est déjà prêt

Trafic d’enfants, vaisseau lugubre et audacieux.

Ô rives, exultez, et sonnez, ô cloches !

Admirez la bite qu’a dessinée le capitaine.

Et de l’effrayant survol de Taïwan, s’épanche le canal.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les bombardiers.

Lève-toi :  pour toi la guerre est déclarée

Et pour nous, en ce jour de super lune :

D’une Robinetterie enfin fonctionnelle

S’écoulent à nouveau nos joujoux par milliers.

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