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Blaise Pascal, rupture et continuité.

Abondent sur Youtube des captations de médiumnités en salle. Les contacts sont généralement décevants car ils relèvent pour l’essentiel à l’intime du consultant. Cependant on observe une stéréotypie de la communication, l’entité donnant d’abord des gages qu’il est bien celui qui est invoqué puis mettant fin à la communication en prodiguant au consultant des conseils relatifs à sa santé. Compte tenu de la régularité de la séquence et de la plasticité du cadre communicationnel, on peut envisager son analyse par le biais du schéma de la communication de Roman Jackobson, outil robuste et d’un maniement aisé.

On distingue trois niveaux de médiumnité. Le premier qu’on appellera par contact est la forme médiumnique la plus courante, le médium est le canal. La seconde est plus rare mais aussi plus spectaculaire par l’intensité de la transe médiumnique. Observez la gestuelle de Luiz Gasparetto lorsqu’il incorpore les peintres impressionnistes français. Le medium est dans ce cas non seulement canalisé psychiquement mais aussi corporellement. Enfin, au troisième degré la médiumnité accède au statut de spectacle total puisque l’on assiste à la matérialisation partielle ou complète de l’entité sous forme spectrale. Les premiers clichés remontant aux alentours des années 1900, sont fascinants. Cela ressemble à une attraction de foire, cela semble être un contrepoint métaphysique à l’apparition du cinématographe.

La médiumnité d’Estéban par Alain-Joseph Bellet servira de support à notre examen puisqu’elle se situe idéalement aux frontières du premier et du second degré. Estéban, l’enfant défunt, est le destinateur, Alain-Joseph Bellet, le canal et la maman d’Estéban, la destinataire. Le discours d’Estéban est conforme à la dispositio :  ouverture par les preuves apportées de rupture de continuité et d’alignement de des identités « ante- » et post-mortem, clôture par évocation d’un problème de santé pour la consultante : « attention à la hanche, maman ».

Passons aux fonctions. Le médium nous permet de distinguer deux niveaux d’expressivité ; au premier, d’ordre stylistique, on relèvera le lexique (« kiffe », « cool »), les élisions syntaxiques (« c’est pas »), les répétitions, la rythmique et la scansion pouvant évoquer celles du rap, les possibles paronomases avec « cool » renvoyant à la musique qu’il aime et « coule » à la qualité de la canalisation (fonction méta-médiumnique), au second, d’ordre chorégraphique, on note la gestuelle du médium quand par exemple il étire la main de la consultante. A cet instant on assiste à la permutation des partenaires de la communication, le médium prenant statut de destinateur et Estéban celui de référent : « Vous comprenez ? c’est lui qui me fait faire ça. Evidemment c’est pas moi. Il rentre en moi comme ça. »  La fonction méta-médiumnique s’inscrit alors dans la permutation des partenaires de la communication. Ce glissement communicationnel peut se doubler d’une fonction phatique. Ainsi la séquence : « J’ai retrouvé Kévin, Kévin » (C’est Estéban qui parle). « Vous comprenez ? » (Le médium s’assure du maintien de la communication ; fonction phatique). « Trop tôt, trop tôt, trop tôt. Trop, trop, trop, tôt, tôt, tôt » (Estéban reprend la parole et commente la mort de son camarade). « Il était dans un fauteuil votre fils ? ».  (Le médium vérifie la mise au point de sa vision ; fonction méta-médiumnique).  « Fini tout ça » (Estéban reprend la parole). Dans la mesure où le contexte de la communication est public, on pensera la médiumnité comme une performance. La communication médiumnique acquiert alors une fonction poétique lorsque le destinataire inclut le public, qui appréciera la puissance du médium, sa capacité à invoquer une âme généreuse. Le médium devient alors artiste. A ce titre, le cas de Luiz Gasparetto pose la question de la ténuité des frontières qui distinguent art et médiumnité : « Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. »

Concernant la fonction référentielle, il faudra distinguer les moments ante-mortem (« Il a eu des perfusions ? beaucoup, beaucoup. Il est sur un fauteuil.  Il a eu de la musique dans ses oreilles en même temps qu’on lui met les perfusions ? »), péri-mortem (« C’était chaud, c’était chaud. C’était l’été. C’était au mois juillet. C’était après le 14. Le 19. ») et les évènements post-mortem. Parmi ces derniers, on distinguera ceux qui se réfèrent à l’ici-bas (avec l’anecdote du bol breton ou celle du fauteuil, Estéban nous apprend qu’il visite assidûment sa maman) et ceux qui se réfèrent à l’au-delà.  On comprend ainsi que la destinataire a préparé son fils à la mort. « Bien sûr on n’est pas tout seuls » renvoie peut-être à des conversations qu’ils ont eues à propos de l’au-delà, visions partagées avec son fils dans une intention propédeutique et qu’Estéban confirme a posteriori. D’ailleurs le médium nous apprend qu’il est accompagné de son arrière- grand-mère. Cependant, Estéban note le caractère partiel des informations que sa maman lui a délivrées sur ce qui l’attendait après son décès : « Pas tout dit maman, tu m’as pas tout dit maman. » Il nous fait comprendre enfin les difficultés qu’il a eues de son vivant à comprendre pourquoi il devait mourir si jeune : « Tu sais, tu sais. J’ai compris, j’ai compris, j’ai compris pourquoi maintenant ». Bien qu’Estéban ne nous en dise pas d’avantage sur le sens de sa mort, il nous délivre par contre de précieuses informations sur son nouveau mode de vie.

Outre sa maman qu’il presse à se rapprocher du médium (« Tu viens m’man. Tu viens m’man ! » ; fonction conative), Estéban nous apprend qu’il visite aussi ses grands-parents : « Vous avez des gravillons blancs dans votre cour ? Il va là-bas (comprendre : chez ses grands-parents). Il est devant la télé, on le met dans un coin, devant la télé et il reste là. Elle pourrait m’sentir mamie, elle pourrait m’sentir mamie. » In fine, nous comprenons que Estéban a beaucoup regardé la télévision et que certaines images ont eu un fort impact sur sa psyché puisque celles-ci sont réactivées et amplifiées post-mortem : « Qu’est-ce que c’est ça ? Un dauphin, un dauphin. Il aime les dauphins. Vous comprenez ? Des dauphins, des animaux partout, tout ce que j’aime. »  Mais l’anamnèse post-mortem peut aussi se teinter de dysphorie : « Euh, il y a un truc bizarre. Je sais pas trop ce que c’est. Il y a un animal qui a une tête bizarre. Euh, j’ai l’impression que c’est aussi un film, que c’est quelque chose qu’il aimait, que c’est un peu surréaliste, scientifique. Non pas scientifique, non pas ça, pas ça. Quoi alors ? Dis, dis, dis-moi, dis-moi ; Un truc marron. Un animal qu’on trouve pas sur terre, c’est bizarre ce qu’il me montre. Il n’a pas regardé un film, un jour ? on change de monde. Voilà, c’est ça la science-fiction ! On change de monde de l’autre côté, c’est un peu comme une porte ouverte sur un autre monde et après on rentre dans un rond, vous comprenez ? » En dépit de l’approximation du terme « rond », le médium nous fait bien comprendre que le mode de représentation d’Estéban n’est plus linéaire. On imagine plutôt une mise-en-abîme, un mode de représentation en chiasme. Enfin Estéban valide une croyance théosophique selon laquelle les âmes sont réunies par affinités ou par similarité existentielle : « On m’a amené là-bas, tu sais. Il y a plein d’enfants. C’est beau ici, c’est beau ici. On fait ce qu’on veut. Dauphins, dauphins. La mer, la mer, dauphins, dauphins. »

L’apposition du terme « charlatan », comme il est convenu aux esprits rationalistes, à celui de « médium » appelle de notre part à une réflexion sur l’ontologie du charlatanisme et, donc, à revisiter la caverne de Platon : « Entre ce feu et les captifs s’élève un chemin, le long duquel imagine un petit mur semblable à ces cloisons que les charlatans mettent entre eux et les spectateurs, et au-dessus desquelles apparaissent les merveilles qu’ils montrent. » Le médium serait-il alors le montreur d’ombres ? Mais qui alors désignerait l’indéfini « on » dans l’interrogation suivante : « Si maintenant on l’arrache de sa caverne malgré lui, et qu’on le traîne, par le sentier rude et escarpé, jusqu’à la clarté du soleil (…) ? Se pourrait-il qu’il puisse, entre autres instances, dénoter le médium menant la consultante à la rencontre de l’esprit de son enfant défunt ? « L’antre souterrain, c’est ce monde visible : le feu qui l’éclaire, c’est la lumière du soleil : ce captif qui monte à la région supérieure et la contemple, c’est l’âme qui s’élève dans l’espace intelligible. »  Il suffit de préciser que le monde visible, matériel, est celui des vivants et l’espace intelligible « le monde éthérique » pour subodorer la toute-puissance du concept « d’idée » chez Platon : « Aux dernières limites du monde intellectuel, est l’idée ». Entre le monde visible et l’espace intelligible, il y a donc la sphère des idées dont les plus abouties (elles effleurent l’Empyrée) génèrent le Kalos Kagathos.

Si l’on considère le captif exposé à la lumière du soleil comme un « illuminé » (au sens initiatique du terme) qui donc serait le charlatan qui s’évertue à singer la réalité du monde extérieur ? On comprend alors que l’illusionnisme est enjeu de pouvoir et qu’accéder à la vérité expose l’illuminé à l’élimination. Aussi doit-il renoncer aux honneurs pour préserver son honneur. Par contre on peut supposer que le charlatan (le maître des égrégores par matriçage) est celui qui n’ayant été initié qu’à la lumière du feu et ne disposant que de la techné (les « objets »), se complaise des artifices qu’il génère par le pouvoir qu’ils lui accordent.

A propos des Oracles chaldaïques, Henry Dominique Saffrey suppose qu’il s’agirait de médiumnisme et de platonisme.  Mais le platonisme n’est-il pas sui generis médiumnisme ?

On oublie trop souvent que la qualité d’une médiumnité dépend aussi de la qualité du destinataire. Roger Cellier a un parcours exceptionnel de consultant. Parmi ses interlocuteurs, on compte Blaise Pascal. La relation de la conversation qu’il a eue avec le philosophe est incomplète car, nous apprend-il dans un entretien radiophonique que si impressionné par le contact médiumnique, il n’a pu appuyer sur le bouton de son magnétophone qu’à la fin de son entretien. Si nous ne disposons que d’un fragment de la conversation, nous observons combien la méta-métaphysique développée dans « L’homme face au paranormal » est influencée par Pascal. Il dédie d’ailleurs son ouvrage à la mémoire de Blaise pascal en précisant que le Blaise Pascal post-mortem (BPPM) n’a gardé des pensées de son vivant que les enseignements « qui pouvaient rapprocher les hommes entre eux ». Bien qu’admirateur de « l’effrayant génie » (Chateaubriand), j’avais plutôt tendance à partager l’opinion de Condorcet selon laquelle Les Pensées prenaient à contre-pied l’idéologie humaniste, décourageant « l’homme de devenir meilleur et plus heureux ». Cependant je fis le pari de relire Les Pensées au regard du texte de Roger Cellier afin de discerner d’éventuels axes de continuité entre la pensée de Pascal et celle de BPPM.

La méta-métaphysique de Roger Cellier s’inspire de la Théosophie puisqu’elle reprend pour partie le concept d’annales akashiques. Cependant il en circonscrit le contenu relativement à sa conception du cosmos. En effet Roger Cellier appréhende le vivant à l’instar de des infiniment grands et petits en termes énergétiques et donc selon la polarisation. L’équilibre de la création tient en une tension permanente entre les forces centrifuges (positives) et centripètes (négatives). Ainsi qu’un noyau atomique, « les humains dotés d’une énergie sont un pôle d’attraction (…) pour les autres (comprendre : les humains chargés d’une énergie négative) qui subissent cette attraction ». Cette bipartition de l’humanité peut d’une certaine manière évoquer les « deux états » de l’homme tels que définis dans l’Apologie pascalienne où Dieu, par miséricorde, accorde mystérieusement à quelques élus la Grâce infailliblement efficace de la Rédemption alors que la majorité est abandonnée à son état de nature corrompue. Parce qu’ayant rejeté par orgueil la Grâce que Dieu lui accordait d’emblée en prévision de ses mérites, l’homme ne peut par le secours de la seule raison, concevoir le libre choix des élus par Dieu avant toute prévision de leur mérite. Ces élus, réceptacles de l’énergie positive, forment selon Roger Cellier, un noyau ou charisme qui attire à lui la couronne de toutes les parcelles d’énergie négative distribuées aux non élus. Ne nous méprenons pas ; charisme est à entendre ici dans son acception théologique et spécifiquement paulinienne comme don surnaturel extraordinaire octroyé à un croyant ou à un groupe de croyants, pour le bien commun de la communauté. L’Apologie, parce qu’elle ambitionne de purifier la volonté de l’incroyant, ne devrait logiquement s’adresser qu’à ceux dont la Grâce s’insinue déjà progressivement à leur volonté mais qui hésitent encore. Cependant, comme nous ignorons tout du dessein divin d’accorder ou non, voire même, de retirer cette Grâce, nous devons tous parier : « Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : Si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter ! ». Ne nous reste donc qu’à vivre chrétiennement pour autrui, quel que soit son état.

Selon l’apologiste, Il existe trois ordres : L’ordre de la chair (ou des corps) réunit les pouvoirs politiques, militaires et économiques, l’ordre des esprits est constitué des génies, inventeurs, créateurs et enfin, l’ordre de la charité, relève de Dieu. « De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d’un autre ordre. De tous les corps et esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité. Cela est impossible et d’un autre ordre surnaturel. » Avec Roger Cellier, les ordres disparaissent, la minorité chargée positivement, et ce, indifféremment à son domaine d’expression et de croyance, constitue la « locomotive de l’humanité », chargée de la faire progresser. C’est, je pense dans ce sens qu’il faut interpréter le pentimento de BPPM : « Quant aux enseignements que j’ai recueillis sur la base de ma propre foi de mon propre enseignement religieux, peut-être est-ce que maintenant je fais une analyse un peu différente. Mais la notion reste toujours identique, à savoir : l’Amour engendre l’Amour, l’action positive engendre l’action positive. C’est la seule voie possible pour l’humanité. L’humanité ne pourra sauver son intégrité qu’en appliquant ces préceptes. »  Sans renier l’enseignement de Blaise Pascal, BPPM reconnait cependant son intransigeance ante-mortem : « Mon esprit de l’époque était incapable de recevoir autre chose qu’une communication d’une entité que je ne pouvais admettre que supérieurement, spirituellement supérieure à moi. Christ était pour moi le seul être au monde à avoir montré sa supériorité. »  Aussi la force cosmique qui l’inspirait avait-elle pris, pour calmer ses angoisses face à la mort liée à la maladie qui le rongeait pendant qu’il rédigeait les Pensées les atours du christ. Mais à l’instar de ce dernier, cette force cosmique prodiguait un message identique, à savoir « l’amour universel et l’individu dans l’universalité cosmique ».

On peut être déçu par ce qui pourrait paraître comme une adhésion au New Age, mais il convient de saisir toutes les implications méta-métaphysiques de propos faussement banals. Pour Roger cellier, « il y a juste une circulation à travers le cosmos, et seule cette énergie est la perfection ». Or l’énergie, vitale, crée mouvement et évolution. Il y a donc tension entre un principe énergétique, -parfait-, et sa manifestation vitale, qui implique une évolution et sur le plan de l’humanité qu’on appelle progrès. Ce qui apparaît furtivement dans les Pensées à propos du christianisme envisageable comme un platonisme populaire en même temps que ce dernier constituerait les prolégomènes à un christianisme élitiste : « Platon, pour disposer au christianisme. » Dialectique de la perfection immuable (l’infini) et de la contingence dynamique (le fini). Ce que la Préface pour un traité du vide tend à confirmer : « De là vient que, par une prérogative particulière, non seulement chacun des hommes s’avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l’univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges différents d’un particulier. De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tous les siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. »

Débarrassée de sa gangue diachronique, la doctrine pascalienne renouvelée par BPPM s’apparente à présent au Kalos Kagathos :  la destruction possible  du monde appelle malgré tout son recommencent qui « aura lieu en d’autres temps et en d’autres espaces, et la Force dans sa grande sagesse, toujours et encore, renouvellera l’expérience… laissant toujours l’espoir dans le cœur de l’homme en animant de son souffle le son corps physique, espérant qu’il sera suffisamment sage pour générer son âme dans l’Amour et la bonté, pour créer à son image et faire évoluer l’ensemble dans lequel il évolue, lui-même image de la divinité et parcelle de celle-ci…. Laissez-vous guider, entendez ma voix, entendez mes phrases et mes appels, laissez votre main être guidée par votre conscience et votre cœur (…) Dans tous les actes de la vie quotidienne doit transparaître l’Amour et le respect du prochain. Il faut respecter la création divine et l’accepter comme telle, et non pas comme empreinte fabriquée par l’homme, et par l’homme seul. La justification est divine comme ce qui est. Nul ne peut passer à côté de cet enseignement sans risquer d’entraîner l’holocauste pour toute l’humanité. »  A l’apparent « anti- humanisme » pascalien, succède l’anti-transhumanisme de BPPM et ce, en raison d’une même justification divine.  

Nous l’avons vu, Roger Cellier fonde sa méta-métaphysique sur la base d’un tout énergétique, d’un univers polarisé. L’homme durant sa vie consomme et produit de l’énergie, sous la forme de l’émission de pensées. Ces dernières, polarisées, peuvent avoir la puissance nécessaire pour intégrer   la sphère éthérique. Les autres, beaucoup plus nombreuses, marquées négativement iront quant à elles se fondre « dans une sorte de magma où s’amalgament toutes les autres empreintes de même origine ». L’empreinte constituant en quelque sorte notre certificat d’éternité est l’ensemble de nos idées-forces converties en énergie. Ce sont les « psychengrammes ». Ces empreintes formeront un ensemble (Chorus ?), « sorte de trame invisible aux yeux mais, cependant, réelle » perceptible par « l’ensemble des cerveaux qui deviennent alors récepteurs ». Le zeitgeist, dirait le philosophe.  La méta-métaphysique de Roger Cellier concilie principe énergétique (l’éternel) et dynamique énergétique (le continuel progrès).

« Les appareils implantés permettront aussi sans doute de communiquer les pensées normalement exprimées par la parole via un smartphone intégré et, potentiellement, les pensées ou émotions non exprimées, en lisant les ondes cérébrales ou d’autres signaux » : Klaus Schwab n’est qu’un montreur d’ombres, qui ne dit pas à qui ces pensées seront communiquées ; il a cependant le mérite de valider, même si c’est pour le pervertir (cf. l’artéfact luciférase contenu dans le lipide aminé ionisable SM-102), le concept de « psychengramme » développé par Roger Cellier.

Mais le progrès anime aussi la sphère éthérique (rappelons-nous Delacroix et ses jeans !). « Ce réservoir d’empreintes positives traduit le résultat d’une recherche consciente, ou inconsciente, vers l’intégration du Grand Tout Universel, en passant par la compréhension du fonctionnement de celui-ci. Plus ce réservoir est vaste, plus il attire à lui la couronne des empreintes (ou esprits) positifs, dans la sphère immédiatement supérieure à la sphère humaine où les empreintes se regroupent par affinités. Signalons que les empreintes positives dans cette sphère (même si elles paraissent représenter un privilège pour certains, à côté de la dispersion des empreintes négatives), s’enrichissent parce qu’elles ont accès à la connaissance par l’intermédiaire du contact avec l’infini, qui abolit toute notion de temps et d’espace. » Ces empreintes, en interférant via le zeitgeist sur la part lumineuse de l’homme biologique, aspirent à recevoir en retour un surplus énergétique nécessaire à leur intégration au « Grand Tout Universel ». Voilà qui n’est pas non plus sans faire écho au concept de singularité de cet autre montreur d’ombres (au lieu « d’ombres », j’allais écrire « ours » ; « ours » entendu bien sûr au sens de « cachot » !) qu’est Raymond Kurtzweil : « 6° époque : L’univers se réveille. Les modèles de matière et d’énergie sont saturés de processus intelligents et de connaissances. L’intelligence humaine (principalement non biologique) se répand à travers tout l’univers. ») Une intelligence seulement humaine ? Tu es sérieux, Raymond ? Le transhumanisme, compris comme technologisme, apparaît donc bien pour ce qu’il est, un charlatanisme de caverne, d’un charme tout luciférien. Mais fort heureusement, « maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jean 12 : 31).

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